A/ Les trois théories du rire

Théorie de l'incongruence

(image : théorie de l'incongruence)

Ce phénomène a passionné de nombreux philosophes depuis l'Antiquité. Selon l'époque, le rire a été abordé de différentes façons, il en découla alors trois théories synthétisant les différentes situations déclenchant le rire : la supériorité, l'incongruence, le soulagement.

Le théorie de la supériorité remonte à l'Antiquité. Platon décrivait le rire comme étant indigne de l'Homme, alors qu'Aristote l'associait à la laideur. Le rire serait associé au mépris, nous rions des faiblesses d'autrui. D'après l'analyse de Hobbes The element of law ainsi que celle de Descartes Les passions de l'âme, le rire serait dû à un qentiment de supériorité. Ainsi, nous percevons un vice, une faiblesse méprisable en nous mais cette prise de conscience se fait de façon à susciter un sentiment de supériorité. “La plaisanterie est une injure pleine d’esprit, et cette injure est la disgrâce d’autrui pour notre propre divertissement.”annonce Aristote selon la traduction de Hobbes. Ce phénomène peut être perçu au théâtre par exemple, nous rirons de Tartuffe, personnage éponyme de la pièce de Molière, car celui est hypocrite et donc méprisable. De nombreux autres thèmes seront exploités dans cette optique ; les thèmes à privilégier seront l'orgueil, la vanité, l'avarice et l'hypocrisie. Le recul que nous avons, nous permettrait ainsi de rire de ces défauts que nous possédons tous. Cependant, des chercheurs n'expliquent pas cette théorie de cette façon. On rirait «dès que nos codes comportementaux et nos repères sociaux sont brisés» expose un article de Sciences et Vie. De cette façon, la société peut « s'auto-réguler » et appréhender un comportement hors-normes.

Le rire naît du décalage, voilà le concept de la théorie de l'incongruence, développé notamment par le philosophe allemand  Emmanuel Kant. Le rire serait “une émotion qui résulte du soudain anéantissement de la tension d'une attente.” Prenons pour exemple une scène humoristique : « Monsieur, votre chien a aboyé toute la nuit ! » « C'est pas grave, il dort toute la journée ! ». Le décalage est du à la réponse donnée qui diverge de la réponse que nous attendions. Au début de chaque histoire, notre cerveau analyse les différentes issues logiques, or la chute dans ce cas là, en est dénuée. Ainsi, notre cerveau reste un moment perplexe, essaye de trouver la solution, puis comprend le décalage. « Le rire n’est jamais autre chose que le manque de convenance – soudainement constaté – entre un concept et les objets réels qu’il a suggéré, de quelque façon que ce soit; et le rire consiste précisément dans l’expression de ce contraste » explicite Arthur Schopenhauer, philosophe allemandIl est également à noter que l'incongruence ne dépend pas d'un effet de surprise. En effet, nous pouvons rire de la même scène plusieurs fois ; notre cerveau est capable de "naviguer" entre la chute attendue et la chute réelle.

Enfin, la troisième théorie qui a intéressé Sigmund Freud, théoricien de la psychanalyse, est le soulagement. Le rire serait libéré d'une tension, d'un surplus d'énergie psychique mobilisé auparavant et devenu dorénavant inutile. C'est en s'appuyant sur cette théorie que certaines personnes considèrent l'action de rire comme bénéfique pour la santé mentale comme physique. Le principe serait que : “ le plaisir correspond à une épargne de l’effort psychique […] nécessité par l’inhibition ou la répression ”. Cette théorie peut s'illustrer dans la vie de tous les jours, lorsque nous sommes soumis à un grande peur ou tension, mais que finalement, il n'est rien. Le soulagement que nous ressentons s'exprimerait alors par le rire. Les comédiens utiliseraient ce concept, en exagérant chutes, cris et larmes pour atteindre enfin une scène sans gravité. Freud explique également un autre aspect de sa théorie. Le plaisir pris à écouter certaines histoires comiques serait du à la liberté d'évoquer des interdits, des tabous, ou des sentiments refoulés comme ce serait le cas pour des blagues à caractère violent, grossier ou sexuel. Ainsi le comique permet un défoulement, de relâcher les tensions imposées par les codes et les conventions, mais également une régression, avec notamment un retour vers l'enfance. Ces deux termes appartenant à la théorie avancée par Sigmund Freud.

Suite, B/ Un marqueur social.

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